mercredi 21 mai 2008

Chapitre Premier : Moras, Moray et las Salineras

Donc, nous avons décidé, d’aller à Moray et à las Salineras. Un petit village, fait, en quelques sortes, la jonction entre ces deux sites. Il s’appelle Maras. Maras est situé en amont de la Vallée Sacrée et du Rio de l’Urubamba. Il constitue, en quelques sortes, un lieu de vie humaine inattendu, tant la nature alentour est dense et semble posséder l’endroit.

Naturel, authentique, sacré…le paysage nous immerge dans les anciens temps, où la vie sauvage avait encore droit de citer…Cette nature nous donne l’impression de s’exprimer en toute liberté ; elle domine ce lieu, ces terres et récupère, ici, la dignité que nous lui avons ôté, là-bas. La nature est belle, rayonnante, vivante. Oui, la nature est vie, ici, à Maras.

L’homme, lui est soumis, il travaille pour elle et par elle. Il mange grâce à ce qu’elle lui donne. Il dort, si la nature accepte de le laisser se reposer. Il meurt…par le froid, qui est fatal aux corps affaiblis. Mais c’est de bonne guerre ! Si elle leur reprend la vie, c’est aussi elle qui la leur donne ! Elle les nourrit, les protège, les anime…bref, elle est leur vie, ce par quoi tout commence et tout finit aussi. Après un voyage comme ça, je comprends désormais mieux, les croyances ancestrales, et parmi elles Incas, qui voyaient en la nature, cette force supérieure que j’ai perçu ce jour-là. C’est un lieu où le paganisme s’empare des esprits même les plus revêches. Oui, c’est un autre monde, où l’évidence, et bien, s’adapte…

Les hommes sont reconnaissants en la nature pour ce qu’elles leur donnent, et la respectent pour cela. Plus que du respect, c’est, comme dans toute croyance ou religion, une soumission à la Mère Nature, soumission inconditionelle et éternelle. Chaque site ou lieu, que l’Inca a construit dans cette région, est un hommage rendu à la nature et particulièrement au Soleil, si sacré chez les Incas. L’hommage peut-être signifié par la grandeur et puissance de la nature célébrée, par une prière à son attention ou encore par l’organisation tecnique calquée sur les données scientifiques qu’ils possédaient à l’époque sur les phénomènes naturels.

Je comprends totalement, qu’ils aient pu voir en la nature, cet être magique, supérieur, décideur de la vie et de la mort.

Quand on va dans ce lieu, la nature n’est pas que nature, elle est personnalisée. Oui, elle se personnalise à notre esprit dans les mouvements, les élans et les sursauts de ses éléments. On sent sa force, sa domination ainsi que sa générosité dans la violence des souffles du vent, dans la souplesse et douceur du balancement des épis de blé ou encore, dans la rigueur de la terre ocrée qui défile immuable, sous nos pas.

J’ai beaucoup aimé cette promenade…et en plus de ce qu’elle représente, il y a ce qu’elle est. Oui, la nature, est belle. Oui, qu’elle est belle !
Elle est grandiose, à la fois, parfaite, et imparfaite. Elle tire de ses imperfections ce charme irresistible, et dégage dans sa perfection une aura divine. Les épis de blé agités, colorent une scène tourmentée par un ciel maussade et des montagnes brumeuses.
Il y a tout dans cette expression de la nature…la tristesse, la colère, la gaieté, l’amitié, la traîtrise, la lutte, le respect… Elle semble exprimer ce qu’elle ressent à l’égard de l’homme ; une palette de sentiments qui vont de la familiarité à l’incompréhension. Elle semble vouloir nous parler, nous dire quelque chose…et chacun écoutera… ce qu’il veut bien entendre…

Quand Caro prend la pose...ça donne ça !



Maman en communion avec la nature...et on la comprend.




Deux sirènes échouées à Ollantaytambo ( Caro et ma tit'maman)


mardi 20 mai 2008

Pisac, ça fait les cuisses ! Ouh, j'aperçois un beau Goosse...Mon frère, normal !




A Pisac, rencontre avec un petit Inca.


MA FAMILLE AU PEROU


Qu’est-ce que ça donne donc, la famille au Pérou ? Et bien, ça fait bizarre. J’ai vraiment construit une nouvelle vie ici, et voir les gens avec qui tu vivais, il y a 7 mois de cela, entrer dans ton monde, c’est étrange…Je ne sais pas comment expliquer cela…mais c’est toi qui deviens l’hôte. Même si ce sont tes parents qui se tiennent en face de toi. Tu es l’hôte. Tu connais chaque recoin, chaque bar, chaque restaurant, tu t’exprimes sans peur, avec une familiarité qui montre que tu fais désomais partie des leurs (des Cusqueniens), tu connais les expressions typiques de la Sierra, tu connais les gens, leurs modes de vie, tu sais ce que tu peux faire, dire ou même penser… Je n’ai pas mis beaucoup de temps à me sentir totalement bien, et chez moi, à Cusco. Les gens sont si chaleureux, acceuillants, et souriants, que t’as tout de suite envie de faire partie de la famille ! Je me considère à la maison, à Cusco. C’est marrant mais quand je pars en voyage, en Bolivie, ou dans la Vallée Sacrée, j’ai souvent envie de rentrer chez moi, ce lieu désormais familier, qui me détend, et m’enlève les craintes que je ressens quand je voyage vers l’inconnu.
Bref, après les effusions de joie, liés aux retrouvailles, après avoir prévenu le boulot que je m’absenterais plus de deux semaines, et après avoir laissé la famille se reposer et s’accoutumer à l’altitude…Nous sommes partis sur les routes…à la découverte de ces lieux réunis sous l’appelation de « Vallée Sacrée », lieux que je connaissais déjà bien. Nous fûmes à Pisac, au Macchu Picchu, à Ollantaytambo, à Urubamba (Pas grand-chose à faire, ni à voir), puis à Moray et à las « Salineras ». Je ne connaissais pas les deux derniers sites, alors je vais vous en parler.
Pour ce qui est du reste, je mettrais de jolies photos, mais vous savez déjà ce que je pense de ces sites. Si vous vous en rappelez plus, et bien revenez dans le temps et lisez les textes que j’avais écris sur ces découvertes…

vendredi 16 mai 2008

Frappée par la malchance ( Rien que ça !)

Pendant plus de deux mois, se sont succédé les « emmerdes ». La session « poisse » a commencé par une bonne pneumonie (Gad si tu m’entends : « Vi-vre dans un don-jon, c’est di-ffi-ci-ile pour une fille de 11 ans qui a la pneu-mo-nie ») et une hospitalisation immédiate ; 4 jours d’enfermement, de repas dégueu, et de perfusions douloureuses… J’ai en fait été hospitalisé à la Clinique Pardo, pur hasard, c’était près du boulot… Mais il se trouve que cette clinique a développé une politique de séduction à l’égard de toutes les faces de blanc ; ils laissent donc, des prospectus dans chaque auberge de jeunesse, ou hotels pour vanter les mérites de leurs services. Je n’en savais alors rien quand j’ai mis les pieds là bas, et l’attention dont je bénéficiais me ravissait plus qu’elle ne m’étonnait. Quand je suis entrée dans ma chambre, je me suis dit que c’était peut-être finalement une aubaine d’être tombée si malade. J’avais une télévision immense, écran plat, une chambre lumineuse, très grande, avec une vue sur la place Tupac Amaru, et comble du comble une salle de bain super classe, avec eau brûlante. J’apprendrais le jour suivant, que ma chambre était appelée « suite touristique »…Tout deviendra plus clair…
Heureusement, mes gentils collègues sont presque tous venus me rendre visite ce qui rendait les journées et les heures un peu moins lourdes à passer.
Au bout de 4 jours, j’étais alors totalement guérie…je poursuivais avec des antibiotiques et me remettait bien de ce premier épisode pneumonie. Mais exactement, un mois après, la pneumonie s’emparait de moi, encore une fois. Je sus tout de suite, que j’avais rechuté car les symptômes ne trompent pas : grande difficulté à respirer, fièvre, nez bouché, crampes et douleurs dans tous le corps et particulièrement au dos…C’est la Pneumonie…Ré-hospitalisation, dans la même chambre (ouf !), encore 4 jours de télévision… Je ressortirai cette fois-ci, dans un sale état ; la toux continuera à me torturer pendant encore quelques jours après ma sortie…Mais bon je me remettrais… Maintenant, nous sommes en hiver, avec des températures bien en-dessous de zéro, un vent glacial, et même de la neige en campagne !
Donc, une seule question me taraude : « A quand la Pneumonie 3 ? » On pourrait faire un titre de film : « Pneumonie, le retour ! »…

Ensuite, session « Vol »… Oui, alors que je déjeunais tranquillement avec un collègue, j’eus la mauvaise surprise de constater, à la fin du repas, que mon sac, posé au dos de la chaise, avait disparu ! Ce fut le drame ! Nous avons remué tout le restaurant, nous avons posé des questions à tous les gens qu’on croisait dans la rue…et biensûr j’ai pleuré. C’est que ça fait mal au cul, de perdre tout, si bêtement ; en train de discuter, nous nous sommes même pas rendus compte, que quelqu’un avait pris mon sac pour cible, et se l’était emmené… Et puis, comme j’étais dans la session « poisse », ce jour-là, j’avais pris mon appareil photo. Quelle en est la raison ? C’est ça le pire, il n’y avait aucune raison valable pour que je prenne mon appareil photo, c’était une journée de travail ordinaire qui se profilait, sans évènements ni moments particuliers à l’horizon.
Bref, dans le sac, j’avais aussi mon passeport, et finalement ce fut ce qui me posa le plus de problèmes…En allant dans la maison du représentant consulaire de France, et après avoir tant bien que mal réussit à faire abstraction de la photo de notre cher Président, Sarko, qui me regardait avec cette suffisance et ce regard dur qui lui sont caractéristiques ( oui, j’ai senti, qu’il ne m’avait pas encore pardonner d’avoir accordé mon vote à …pas lui !) Je fus « heureuse » d’apprendre de la voix du représentant consulaire…qu’il ne pouvait…et bien, rien faire pour moi ! Lol… En bref, je devais me rendre à l’ambassade de France à Lima, pour avoir un nouveau passeport, un passeport d’urgence. Chouette ! Les ennuis continuaient. Maintenant, je devais prévoir un voyage à Lima, couteux en plus de ça ! Je suis donc allée à Lima, un mois après, et obtint le nouveau passeport, en quelques jours seulement…Finalement, tout s’est arrangé…

Voilà, pour la session « poisse », sinon, il y a eut l’allergie solaire, avec des boutons, sur tout le corps et le visage. Mais je vous passerais des détails…