En cette période de nouvelle année et donc de bonnes résolutions, je vous implore de remplacer les résolutions si inutiles et jamais respectées d'arrêtage de clops, ou de débutage de régime pour prendre une résolution saine et facilement accomplissable, celle d'écrire sous mes photos ou textes, des commentaires... oui, car beaucoup d'entre vous me parlent de mon blog mais malheureusement je le trouve bien triste... Alors, tous à vos ordinateurs ... et je vous préviens, si dans deux semaines, je ne suis pas comblée, finies les nouvelles du Pérou.
Attention, ceci n'est pas à prendre à la légère....alors, surprenez-moi !
C'était un message d'une blogueuse en colère !
Sinon, bonne année à tous !
lundi 31 décembre 2007
lundi 24 décembre 2007
JOYEUSES FETES A TOUS ¡
Quelques mots pour vous souhaiter a tous, vous qui suivez assidument mes aventures peruviennes, un Joyeux Noel et plus generalement de Joyeuses fetes ¡
Je suis actuellement a Arequipa, avec mon cheri, qui m'a rejoint pour l'occasion. Nous sommes rentres aujourd'hui, du Cañon de Colca, encore une merveille de la nature, et nous partons demain pour Camana, petit village cotier, ou nous sommes censes trouves de superbes plages de sable fin pour nous prelasser ¡
Ca va nous changer, c'est certain, du froid et de la grisaille des Noels precedents....
Autrement, je voulais adresser tout particulierement ce message a ma cousine, Caroline, qui est retournee a Lyon... J'ai passe avec et surtout grace a elle, trois mois fantastiques de decouvertes, de rires, de rencontres, de fetes, d'emerveillement, d'emotions, et biensur de bonnes boufs... gourmandes que nous sommes ¡
Je te souhaite, cousine, un bon retour sur Lyon, et de bonnes fetes en compagnie de ta petite famille ¡
Je t'aime de tout mon coeur et n'oublies pas... en avril, tu ramenes tes fesses ... car, je te le promets, je ne ferais pas la Selva sans toi...
D'enormes Bisous a tous, et particulierement a ma petite famille que j'aime ¡
Vous me manquez tous enormement.
Manue, la Cusquenienne...
Je suis actuellement a Arequipa, avec mon cheri, qui m'a rejoint pour l'occasion. Nous sommes rentres aujourd'hui, du Cañon de Colca, encore une merveille de la nature, et nous partons demain pour Camana, petit village cotier, ou nous sommes censes trouves de superbes plages de sable fin pour nous prelasser ¡
Ca va nous changer, c'est certain, du froid et de la grisaille des Noels precedents....
Autrement, je voulais adresser tout particulierement ce message a ma cousine, Caroline, qui est retournee a Lyon... J'ai passe avec et surtout grace a elle, trois mois fantastiques de decouvertes, de rires, de rencontres, de fetes, d'emerveillement, d'emotions, et biensur de bonnes boufs... gourmandes que nous sommes ¡
Je te souhaite, cousine, un bon retour sur Lyon, et de bonnes fetes en compagnie de ta petite famille ¡
Je t'aime de tout mon coeur et n'oublies pas... en avril, tu ramenes tes fesses ... car, je te le promets, je ne ferais pas la Selva sans toi...
D'enormes Bisous a tous, et particulierement a ma petite famille que j'aime ¡
Vous me manquez tous enormement.
Manue, la Cusquenienne...
vendredi 21 décembre 2007
El lago Titicaca ( Suite... )
→ Côté Bolivien : L’île del Sol
Départ de Copacabana
Lendemain matin. Pas le temps de souffler, notre bus nous attend pour nous emmener à Copacabana. Se situant côté Bolivien, la ville constitue le lieu d’embarquement pour les Iles del Sol et de la Luna. Le voyage en bus, sera encore une fois, merveilleux. Nous longerons le lac Titicaca, qui nous éblouira de sa beauté. La scène s’organise ainsi … Au premier plan, s’étendent d’immenses prés et plaines où l’agriculteur et l’éleveur seuls au monde, travaillent de leur main pour gagner leur vie ; au second plan, apparaissent de délicieux plans d’eau où se rassemblent les flamants roses, jouant allègrement entre les tiges dansantes des roseaux.
; au troisième plan, nous accompagne le lac Titicaca d’un bleu si foncé et si pur qu’on frissonnera de froid rien qu’en le regardant ; et enfin, au dernier plan, s’élèvent, majestueuses et souveraines, les hautes montagnes qui dans l’harmonieuse expression de leurs formes, constituent des remparts qui semblent insurmontables.
Nous arriverons à la frontière quelques deux heures et demi plus tard… et bien sûr, j’aurais quelques petits soucis auxquels, chanceuse que je suis, je m’étais préparée. En fait, les emmerdes tomberaient soit sur ma cousine soit sur moi, car le sort nous a habitués à cette malchance. Ce sera moi… mais ce sera vite réglé, avec de l’argent tout s’arrange, dit-on, en effet, je paierais donc 5 dollars le duplicata de la pièce qui me manquait…Mais, il y eut pire. Le fait est, que le comble de la malchance était d’être Américain. Il y en avait deux dans le bus, et ils en ont fait les frais. En fait, le passage de la frontière, gratuit pour tous ou presque (il faut payer 3 Boliviano), ne l’est pas pour ceux qui vivent dans le pays de Bush, le « diablito ». C’est la nouvelle politique latino-américaine, lancée par Chavez, il y a 10 ans de cela. Son ami, Evo Morales, fut élu président de la Bolivie en 2005 et participe à cette politique xénophobe de l’anti-américain. Ainsi, ils font payer littéralement à tous les Américains, l’élection de Bush à la tête de l’ « empire du mal » comme ils l’appellent…100 dollars pour mettre le pied en Bolivie. Mais il faudrait peut-être leur rappeler que si 50, 7 % ont voté pour lui, 49, 3 % l’ont rejeté ce qui fait quand même, près de 60 millions d’Américains votants. Enfin, bon, la connerie touche tout le monde… c’est ce qu’il faut se dire pour se rassurer. Mais bon, ça fait quand même tâche, je trouve pour des pays, comme la Bolivie, censés être rentrés au niveau politique, dans l’âge de la raison…
Bref, après avoir récupéré nos deux Américains, en rogne pour l’un, en pleurs pour l’autre, nous arrivons un quart d’heures après à Copacabana. Elle ne nous charmera pas non plu, alors nous attendrons impatiente l’heure où nous monterons dans le bateau qui nous emmènera à l’île del Sol. Nous avons choisi de dormir là bas, pour profiter entièrement de la journée et surtout du coucher de soleil dont nous avons eu beaucoup d’échos. Le bateau ne sera pas Français, mais la ballade manquera clairement de douceur et de charme. Trop de monde, pour se sentir en harmonie avec la nature… nous serons bien contentes d’arriver, 1h 30 plus tard à l’île del Sol. Au début, nous sommes désarçonnées, en posant les pieds sur l’île , nous voyons les habitants se diriger, que dis-je se ruer vers nous afin de nous attirer dans leur filet. Ils veulent tous que nous choisissions leur logement, toujours mieux que celui des autres. Finalement, nous suivrons un groupe de français rencontrés dans le bateau et nous trouverons une petite chambre parfaite jouissant d’une vue imprenable sur le lac.
Reposée, débarrassée de nos gros sacs, nous partirons en vadrouille sur l’île.
Paradisiaque… c’est le mot qu’il convient d’employer pour décrire ce qu’on a vu, ce jour-là. En effet, l’île del Sol est beaucoup plus verte que Taquile, et ceci jettera sur l’environnement une lumière incroyablement gaie et réconfortante. Après une heure de promenade sur les chemins en pierre de l’île, Caroline eut un éclair de génie, celui de grimper de l’autre côté de l’île pour voir le soleil se coucher. C’est ce que nous fîmes, et une fois arrivée… c’est le paradis… nous sommes au sommet de l’île et s’étend devant nos yeux une vision paradisiaque… le soleil se reflétant sur le lac et traçant dans les eaux froides de Titicaca, des lignes courbes et lumineuses. Nous resterons là un bon moment, émerveillés par ce cadeau qu’on nous offre. Paradisiaque… pour certains, le paradis qu’on assimile communément au paysage de carte postale, sera constitué de plages de sable fin, de cocotiers, de hamacs, de grosses chaleurs, de surfers, et de bikinis… mais pour moi, la carte postale rêvée c’est celle-ci, celle qui s’étend devant mes yeux… grands lacs, eaux froides et profondes, lumière d’altitude, solitude, vent, désertique, étendu, sauvage, soleil couchant… paradisiaque.
Ce qui est génial c’est que je n’avais jamais rêvé de cette carte postale car je n’en avais jamais vu de tel. Alors, je ferais la démarche inverse… désormais cette image constitue mon paradis à moi… je ne l’ai pas rêvé, je ne suis pas allée la chercher, elle s’est introduite en moi, comme pour m’emmener dans un monde dont je n’avais soupçonné l’existence. Je m’en rappellerais toujours… dès que j’aurais besoin d’évasion, de rêve, de sérénité, je ferais appel à ma mémoire…qui se souviendra, toujours, je le sais, de ce moment-là.
Remise de nos émotions, nous marcherons sur un petit sentier de terre, afin de voir ce paysage merveilleux sous un autre angle… nous marcherons jusqu’à ce que la terre, prenant une forme bosselée, nous signale de nous arrêter. Se suivent alors, trois petites collines marquées chacune d’une croix en paille, hissée sur un petit amas de pierre. Surplombants le lac, ces croix baignent dans la chaleur du soleil couchant et semblent recevoir de la nature, plus qu’on ne pourrait l’imaginer… Ces croix semblent vivantes et nous prenons plaisir à nous assoir à leurs côtés.
Finalement, nous rebrousserons chemin pour voir le coucher de soleil du lieu où nous sommes arrivées. Nous serons assises sur des petits bancs de bois, clops au bec, et comble du bonheur, bière à la main. Oui, c’est qu’en fait, la présence des tables et bancs était due au fait qu’il y avait à cet endroit là une petite maisonnette qui faisait office de buvette. Nous ne résisterons pas à la bière… et tout en la sirotant, nous assisterons au spectacle que Mr le Soleil, voudra bien nous accorder. Seules au monde, nous verrons le ciel changer de couleurs et de formes en une demi-seconde. C’était fou, on fermait les yeux ou on tournait la tête une seconde, et le ciel avait complètement changé d’apparence… passant des tons violacés, aux tons rouges vifs, sans oublier les tons orangés, jaunes, roses fuchsias, roses pâles, bleus, noirs, gris… le ciel virevoltait dans un tourbillon de couleurs, que le soleil, comme pour nous remercier de notre visite, laissait dans sa retraite bien méritée au creux des montagnes. Nous serons comblées, émues, heureuses devant ce feu d’artifice naturel…nous quitterons le lieu, une fois que le ciel aura revêti un habit plus classique, sa robe noire des nuits fraîches. Nous mangerons ensuite, une des meilleurs truites au monde… faut dire, que le lieu est adéquate pour le bon poisson et nous nous coucherons, dans notre petite chambrette, ébranlée par le souffle violent du vent.
Le lendemain matin, nous reprendrons le bateau… assises, à côtés de Taquiliens parlant un dialecte incompréhensible, mâchant les feuilles de coca, enchainant clops sur clops, se racontant des anecdotes visiblement bien loquaces… bref, semblant être heureux de vivre, et d’être sur ce bateau là, en cet instant.
Mais, malheureusement, la dernière partie du voyage sera moins joyeuse… pas de problèmes à la frontière cette fois-ci mais, problème de bus. En effet, nous nous serons faites embarquées dans le bus le plus sale et le plus pourri qui soit. Rien que d’apparence, c’était le seul bus, qui ne luisait pas, et dont les crottes de pigeons recouvraient presque entièrement, le pare-brise ; mais il y eut pire que l’esthétique de notre bus… l’odeur. En effet, à notre montée dans le bus, nous avons senti une odeur de pisse qui nous a foutu à toutes les deux, la nausée… bref, nous avons passé tout le trajet la tête à travers la fenêtre, essayant de trouver un peu d’air frais, où le nez dans notre écharpe pour éviter un vomissement qui n’aurait fait qu’aggraver une odeur déjà révolutionnaire ! … bref, une vraie partie de plaisir… en plus à côté de nous, se trouvait monsieur Curé le Nez, qui après avoir fait le tour entier de sa grosse narine avec son doigt tout sale, se débarrassait de ses trouvailles, en les planquant très discrètement sur les fauteuils, ou, tout simplement et pour coupler l’utile à l’agréable, en les mangeant. Bon appétit bien sûr ! Le pire c’est que, le trajet dura deux heures de plus que prévu… oui, c’est sûr que notre bus était dans un tel état qu’il passait difficilement inaperçu aux barrages de police ou aux douanes ! Ah, ces bus péruviens… ils nous surprendront toujours….
Départ de Copacabana
Lendemain matin. Pas le temps de souffler, notre bus nous attend pour nous emmener à Copacabana. Se situant côté Bolivien, la ville constitue le lieu d’embarquement pour les Iles del Sol et de la Luna. Le voyage en bus, sera encore une fois, merveilleux. Nous longerons le lac Titicaca, qui nous éblouira de sa beauté. La scène s’organise ainsi … Au premier plan, s’étendent d’immenses prés et plaines où l’agriculteur et l’éleveur seuls au monde, travaillent de leur main pour gagner leur vie ; au second plan, apparaissent de délicieux plans d’eau où se rassemblent les flamants roses, jouant allègrement entre les tiges dansantes des roseaux.
; au troisième plan, nous accompagne le lac Titicaca d’un bleu si foncé et si pur qu’on frissonnera de froid rien qu’en le regardant ; et enfin, au dernier plan, s’élèvent, majestueuses et souveraines, les hautes montagnes qui dans l’harmonieuse expression de leurs formes, constituent des remparts qui semblent insurmontables.
Nous arriverons à la frontière quelques deux heures et demi plus tard… et bien sûr, j’aurais quelques petits soucis auxquels, chanceuse que je suis, je m’étais préparée. En fait, les emmerdes tomberaient soit sur ma cousine soit sur moi, car le sort nous a habitués à cette malchance. Ce sera moi… mais ce sera vite réglé, avec de l’argent tout s’arrange, dit-on, en effet, je paierais donc 5 dollars le duplicata de la pièce qui me manquait…Mais, il y eut pire. Le fait est, que le comble de la malchance était d’être Américain. Il y en avait deux dans le bus, et ils en ont fait les frais. En fait, le passage de la frontière, gratuit pour tous ou presque (il faut payer 3 Boliviano), ne l’est pas pour ceux qui vivent dans le pays de Bush, le « diablito ». C’est la nouvelle politique latino-américaine, lancée par Chavez, il y a 10 ans de cela. Son ami, Evo Morales, fut élu président de la Bolivie en 2005 et participe à cette politique xénophobe de l’anti-américain. Ainsi, ils font payer littéralement à tous les Américains, l’élection de Bush à la tête de l’ « empire du mal » comme ils l’appellent…100 dollars pour mettre le pied en Bolivie. Mais il faudrait peut-être leur rappeler que si 50, 7 % ont voté pour lui, 49, 3 % l’ont rejeté ce qui fait quand même, près de 60 millions d’Américains votants. Enfin, bon, la connerie touche tout le monde… c’est ce qu’il faut se dire pour se rassurer. Mais bon, ça fait quand même tâche, je trouve pour des pays, comme la Bolivie, censés être rentrés au niveau politique, dans l’âge de la raison…
Bref, après avoir récupéré nos deux Américains, en rogne pour l’un, en pleurs pour l’autre, nous arrivons un quart d’heures après à Copacabana. Elle ne nous charmera pas non plu, alors nous attendrons impatiente l’heure où nous monterons dans le bateau qui nous emmènera à l’île del Sol. Nous avons choisi de dormir là bas, pour profiter entièrement de la journée et surtout du coucher de soleil dont nous avons eu beaucoup d’échos. Le bateau ne sera pas Français, mais la ballade manquera clairement de douceur et de charme. Trop de monde, pour se sentir en harmonie avec la nature… nous serons bien contentes d’arriver, 1h 30 plus tard à l’île del Sol. Au début, nous sommes désarçonnées, en posant les pieds sur l’île , nous voyons les habitants se diriger, que dis-je se ruer vers nous afin de nous attirer dans leur filet. Ils veulent tous que nous choisissions leur logement, toujours mieux que celui des autres. Finalement, nous suivrons un groupe de français rencontrés dans le bateau et nous trouverons une petite chambre parfaite jouissant d’une vue imprenable sur le lac.
Reposée, débarrassée de nos gros sacs, nous partirons en vadrouille sur l’île.
Paradisiaque… c’est le mot qu’il convient d’employer pour décrire ce qu’on a vu, ce jour-là. En effet, l’île del Sol est beaucoup plus verte que Taquile, et ceci jettera sur l’environnement une lumière incroyablement gaie et réconfortante. Après une heure de promenade sur les chemins en pierre de l’île, Caroline eut un éclair de génie, celui de grimper de l’autre côté de l’île pour voir le soleil se coucher. C’est ce que nous fîmes, et une fois arrivée… c’est le paradis… nous sommes au sommet de l’île et s’étend devant nos yeux une vision paradisiaque… le soleil se reflétant sur le lac et traçant dans les eaux froides de Titicaca, des lignes courbes et lumineuses. Nous resterons là un bon moment, émerveillés par ce cadeau qu’on nous offre. Paradisiaque… pour certains, le paradis qu’on assimile communément au paysage de carte postale, sera constitué de plages de sable fin, de cocotiers, de hamacs, de grosses chaleurs, de surfers, et de bikinis… mais pour moi, la carte postale rêvée c’est celle-ci, celle qui s’étend devant mes yeux… grands lacs, eaux froides et profondes, lumière d’altitude, solitude, vent, désertique, étendu, sauvage, soleil couchant… paradisiaque.
Ce qui est génial c’est que je n’avais jamais rêvé de cette carte postale car je n’en avais jamais vu de tel. Alors, je ferais la démarche inverse… désormais cette image constitue mon paradis à moi… je ne l’ai pas rêvé, je ne suis pas allée la chercher, elle s’est introduite en moi, comme pour m’emmener dans un monde dont je n’avais soupçonné l’existence. Je m’en rappellerais toujours… dès que j’aurais besoin d’évasion, de rêve, de sérénité, je ferais appel à ma mémoire…qui se souviendra, toujours, je le sais, de ce moment-là.
Remise de nos émotions, nous marcherons sur un petit sentier de terre, afin de voir ce paysage merveilleux sous un autre angle… nous marcherons jusqu’à ce que la terre, prenant une forme bosselée, nous signale de nous arrêter. Se suivent alors, trois petites collines marquées chacune d’une croix en paille, hissée sur un petit amas de pierre. Surplombants le lac, ces croix baignent dans la chaleur du soleil couchant et semblent recevoir de la nature, plus qu’on ne pourrait l’imaginer… Ces croix semblent vivantes et nous prenons plaisir à nous assoir à leurs côtés.
Finalement, nous rebrousserons chemin pour voir le coucher de soleil du lieu où nous sommes arrivées. Nous serons assises sur des petits bancs de bois, clops au bec, et comble du bonheur, bière à la main. Oui, c’est qu’en fait, la présence des tables et bancs était due au fait qu’il y avait à cet endroit là une petite maisonnette qui faisait office de buvette. Nous ne résisterons pas à la bière… et tout en la sirotant, nous assisterons au spectacle que Mr le Soleil, voudra bien nous accorder. Seules au monde, nous verrons le ciel changer de couleurs et de formes en une demi-seconde. C’était fou, on fermait les yeux ou on tournait la tête une seconde, et le ciel avait complètement changé d’apparence… passant des tons violacés, aux tons rouges vifs, sans oublier les tons orangés, jaunes, roses fuchsias, roses pâles, bleus, noirs, gris… le ciel virevoltait dans un tourbillon de couleurs, que le soleil, comme pour nous remercier de notre visite, laissait dans sa retraite bien méritée au creux des montagnes. Nous serons comblées, émues, heureuses devant ce feu d’artifice naturel…nous quitterons le lieu, une fois que le ciel aura revêti un habit plus classique, sa robe noire des nuits fraîches. Nous mangerons ensuite, une des meilleurs truites au monde… faut dire, que le lieu est adéquate pour le bon poisson et nous nous coucherons, dans notre petite chambrette, ébranlée par le souffle violent du vent.
Le lendemain matin, nous reprendrons le bateau… assises, à côtés de Taquiliens parlant un dialecte incompréhensible, mâchant les feuilles de coca, enchainant clops sur clops, se racontant des anecdotes visiblement bien loquaces… bref, semblant être heureux de vivre, et d’être sur ce bateau là, en cet instant.
Mais, malheureusement, la dernière partie du voyage sera moins joyeuse… pas de problèmes à la frontière cette fois-ci mais, problème de bus. En effet, nous nous serons faites embarquées dans le bus le plus sale et le plus pourri qui soit. Rien que d’apparence, c’était le seul bus, qui ne luisait pas, et dont les crottes de pigeons recouvraient presque entièrement, le pare-brise ; mais il y eut pire que l’esthétique de notre bus… l’odeur. En effet, à notre montée dans le bus, nous avons senti une odeur de pisse qui nous a foutu à toutes les deux, la nausée… bref, nous avons passé tout le trajet la tête à travers la fenêtre, essayant de trouver un peu d’air frais, où le nez dans notre écharpe pour éviter un vomissement qui n’aurait fait qu’aggraver une odeur déjà révolutionnaire ! … bref, une vraie partie de plaisir… en plus à côté de nous, se trouvait monsieur Curé le Nez, qui après avoir fait le tour entier de sa grosse narine avec son doigt tout sale, se débarrassait de ses trouvailles, en les planquant très discrètement sur les fauteuils, ou, tout simplement et pour coupler l’utile à l’agréable, en les mangeant. Bon appétit bien sûr ! Le pire c’est que, le trajet dura deux heures de plus que prévu… oui, c’est sûr que notre bus était dans un tel état qu’il passait difficilement inaperçu aux barrages de police ou aux douanes ! Ah, ces bus péruviens… ils nous surprendront toujours….
mercredi 19 décembre 2007
Et si nous faisions un Titicaca ( elle est pas de moi, mais de Ben ! Je vous rassure...)
Lac Titicaca « Puma de Pierre » en Aymara
Du 12 au 16 décembre
Du 12 au 16 décembre
→ Côté Péruvien : Les îles flottantes Uros et l’île Taquile (6 km2, 3950 mètres d’altitude).
Départ de Puno.
Changement de décor… Le lac Titicaca sera notre prochaine excursion. Lac navigable, le plus haut du monde (3810 mètres d’altitude), nous ne pouvions ne pas l’inclure dans nos projets de voyage.
En fait, le lac Titicaca constitue une frontière naturelle entre la Bolivie et le Pérou puisqu’il sépare les deux pays sur quelques 8559 km2. Nous ne ferons pas de jaloux, nous visiterons les deux côtés, Bolivien et Péruvien. On commencera logiquement par le côté Péruvien, où nous nous arrêterons à Puno, ville de passage, ville morte, ville champignon. En effet, la ville manquera grandement de ce charme auquel nous étions habitués ; et intelligentes et organisées que nous sommes, nous apprendrons à notre arrivée que nous devrons y rester, une journée durant, les départs vers les îles se déroulant exclusivement au bon matin. Nous en profiterons pour dormir, et dormir. Oui, c’est que j’avais eu l’excellente idée de partir à 4h30 du matin, et comme nous n’avions pas louer de chambre pour cette nuit là, nous avions passé toute la journée dehors dans le froid, et toute la soirée dans un bar avec nos sacs à essayer de faire abstraction de la musique pour trouver un peu de repos… c’est dire l’ état de fraicheur dans lequel nous nous trouvions le dimanche à midi. Bref, après avoir dormi 17 heures d’affilé dans une très modeste auberge de jeunesse à Puno, nous nous sommes réveillés requinqués le lendemain matin, direction le port. Nous avons choisi de voyager seulement une journée pour nous rendre, le lendemain à Copacabana.
Le bateau nous conduira aux Iles Uros et Taquile. Il y a en tout 41 îles qui ponctuent la surface plane du lac. Uros, Taquile et Amantani (que nous ne verrons pas malheureusement ! ) sont les plus connues, côté péruvien.
Nous serons entourés exclusivement de Français… au point de se demander, s’ils ne formaient pas leur équipage selon la nationalité ! Peut-être croit-il que cela favorise les rencontres, et empêche les animosités entre nations et peuples concurrents ! Ils ont tout faux. Mais, soulagement, trois belges germanophones, nous rejoindrons finalement, pour mettre un peu de piquant dans notre croisière, et un peu d’exotisme ( !) dans cette arche bien pâlotte. En fait, je pense qu’étant les seuls Belges, les organisateurs se sont dits que faire un bateau rien que pour eux, serait, quand bien même, dommageable pour les affaires !
Après 45 minutes de fraîche ballade sur ces eaux immobiles, et de conversation forcée entre concitoyens, nous posons le pied sur les iles flottantes d’Uros. L’originalité de ces îles tient au fait qu’elles sont le fait de l’homme, puisqu’elles sont constituées de roseaux appelés « totora » posés à même l’eau. Ces îles flottantes sont au nombre de 40 et elles sont amarrées à des piquets pour éviter la dérive. Les habitants ajoutent chaque semaine une nouvelle couche de roseaux pour remplacer celle qui a coulé ; mais tous les dix ans, le déménagement est inévitable et il faut reconstruire une nouvelle île. Mais, attention, ils reçoivent l’électricité grâce aux panneaux solaires et regardent la télé comme n’importe quel être humain sur cette planète !
Joli de l’extérieur, notre visite se révèlera de l’intérieur fatigante et frustrante. En fait, nous descendons du bateau et c’est un Aymara qui nous accueille (oui, il faut savoir que les Uros se sont éteints totalement il y a 50 ans environ et les Indiens Aymaras de Puno y vivent désormais) ; nous demandant de nous asseoir, je comprends que nous serons traités en touristes et en riches, bref en touristes riches. Devant nos regards interloqués, il sort une grande carte du lac, et avec un bâton, commence son cours de géo. Il enchaînera sur un cours de sociologie pratique… l’alimentation des uros, leurs modes de vie, leurs coutumes, bref je serais là assise, croyant à une mauvaise blague. Et quand, après avoir fini son cours, il nous demande si nous avons des questions, une boule dans ma gorge se forme, ça y’est je suis à Science Po, en cour d’histoire, avec cette crainte incessante d’être interrogée. Finalement, même réaction qu’à l’école, j’ai baissé la tête et feint de ne pas avoir compris, et je m’en suis sortie sans séquelle ! Le stress total !
Donc, manquant clairement de charme, et d’authenticité, je serais soulagée de partir, bien que gênée devant les regards tristes des Uros qui n’auront pas recueilli une pièce de ce bateau français. Et oui, ils n’étaient pas au courant que les français étaient radins… maintenant ils le sont !
Nous reprenons la route…
Nous mettrons trois heures pour arriver aux Iles Taquile… long, long, mais heureusement les belges détendront l’atmosphère en nous jouant quelques airs d’harmonica, et nous amuserons quand ils sortiront tout l’attirail du parfait pécheur. Fallait y penser… paradis pour les amateurs de pêche ! Préparation intense, concentration extrême, mais lancer complètement foiré… ah oui, ces belges, ils nous feront toujours bien rire !
Trois heures après, et enfin, nous arrivons à Taquile. Très différent, cette fois-ci, c’est vraiment une île, naturelle et grandiose. Malheureusement, nous n’avons que deux heures pour en faire le tour. C’est mission impossible et nous le savons ; nous ferons donc ce que nous pouvons.
Nous jouirons d’un panorama incroyable sur le lac, que nous gratifiera la hauteur du point de vue… Oui, de là haut, nous verrons ce lac différemment… du bateau, un sentiment d’infini et d’inconnu nous saisissait devant l’absence de limites naturelles visibles à son étendu …. mais de l’île, on le voit emmitouflé entre de hautes montagnes enneigées et ainsi, Titicaca nous donnera un sentiment contraire de familiarité et de protection.
Pas si dépaysant, l’île avec ses maisonnettes, ses chemins, ses murs de pierre, nous rappellera certains paysages de la Méditerranée. Mais, on ne boudera pas notre plaisir, je suis jamais allée en Grèce moi, alors je serais émerveillée par cette tranquillité, ce calme qui semble régner en maître sur Taquile. On est apaisé par ce panorama, et par ces scènes de la vie d’élevage que nous observons. C’est comme si nous entrions dans la vie de ces gens, sans qu’ils s’en rendent compte. Nous regardons cette femme affairée avec son troupeau de mouton, mais elle ne nous voit pas. Et ça c’est bon… vraiment bon ; nous sommes comme transparentes, et nous jouissons ainsi d’une liberté de mouvement, de parole, de réaction que nous n’avions pas sur les îles Uros. Ce calme intérieur rendra notre petite ballade sur les chemins blancs de l’île, douce et mélancolique.
Nous croiserons des Taquiliens en habit traditionnel avec la présence du pompon qui a toute son importance dans la vie sociale de l’île; porté par les femmes sur le châle, et par les hommes sur leurs bonnets, il indique leur statut de femme ou d’homme mariés.
Prise par le temps, nous achèverons notre excursion dans le stress de savoir si notre bateau était parti sans nous. Il sera encore là, (ouf !) et déjà frustrée par la ridicule durée de notre escale, nous nous ferons réprimandées, par le capitaine ! Ah, là là…
Le retour sera merveilleux, nous aurons suffisamment de place pour nous allonger et pour nous endormir ; bercée par cette douceur que provoque le frôlement de la coque avec l’eau.
Je me réveillerais alors que le soleil se retirait en douceur. Et cette beauté, ce calme, cette tranquillité nous coupera à tous les cordes vocales. Cette lumière de fin de journée se reflétant sur le lac nous offrira un spectacle doux et silencieux. Les eaux claires du lac seront colorées et réchauffées par ce soleil couchant, qui fera, de ce lieu un miroir de l’âme. Nous verrons les paysages en deux, comme si se dévoilaient sur les eaux, la vraie vie de ce qui nous entoure, comme si se révélaient, à nous, un secret inconnu de tous.
Nous arriverons, apaisé et calmé, comme si encore une fois, nous avions vu ce qui peut constituer l’essentiel de cette vie. Ce plein de beauté nous fera rêver au lendemain, où l’on reprendra notre promenade lacustre… impatiente, nous nous endormirons avec une hâte insolente pour que notre langoureuse ballade reprenne son cours ! Mais ; heureusement, cette journée avait redonné de l’inspiration à nos rêves, qui nous accompagneront jusqu’au lendemain matin.
lundi 3 décembre 2007
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