Le Canon de Colca est le site à voir quand on est à Arequipa. Se situant à 5 heures de bus de la « ville blanche », c’est une autre merveille de la nature. Nous voyagerons en bus et de nuit afin d’être le plus tôt possible à la Cruz del Condor, qui est le lieu d’où on peut le mieux admirer l’étendu et la profondeur du Canon.
Nous serons presque seuls, nous partagerons le site avec seulement une dizaine d’autres personnes ce qui contribuera à la perfection de la journée. Nous n’avons nullement l’impression d’être des touristes (le problème au macchu picchu), mais juste des routards en face d’un site d’une splendeur incroyable. Il fait bon, le temps est avec nous.
L’endroit est magique, le canon s’étend devant nos yeux émerveillés et rien ne semble pouvoir le tirer de sa tranquillité. C’est silencieux, la nature se réveille doucement et nous l’accompagnerons jusqu’à ce que l’agitation la tire de ses rêveries. Nous longerons le Canon admirant son étendu, sa profondeur, sa majestuosité. Nous avons l’impression en le regardant que sa profondeur n’a pas de limites et que ce qu’on croit être le fond n’est que le début d’un mystère enfouit dans les roches.
Nous marcherons lentement respectant ainsi le calme de la nature à moitié endormie. La promenade nous offrira de multiples points de vue qui ne feront qu’amplifier, au fur et à mesure de notre avancée, ce sentiment d’infini. Mais mise à part le Canon en soit, la végétation rendra l’endroit encore plus beau. Cactus par milliers, et grandes plantes colorées apporteront gaieté et douceur à cet antre ma foi un peu déconcertante. Les couleurs sont chaudes, des tons marrons, ocres, pailles qui nous immergeront dans une ambience à la Western spaghetti. Il ne manque plus que le son rouillé et étriqué de l’harmonica pour s’y croire vraiment. Mais peu à peu, les couleurs changeront et se marieront dans un contraste inattendu. En effet, plus loin dans la promenade, apparaissent des terrasses, datant de l’époque Inca. Et cette verdure, se déployant dans des milliers de tons, jettera sur le Canon, une toute autre couleur, et lui donnera une toute autre allure. Ces terrasses s’étalant au bord du précipice ne feront qu’amplifier le surnaturel, la folie du lieu. Des paysages complètement fous, une végétation totalement contrastée, un gouffre carément détonant… ça en jette plein les yeux et bouleverse les codes classiques de l’entreprise naturelle. Vraiment… un lieu incroyable qui vous coupe le souffle pour vous le rendre à sa sortie, revigoré.
Nous marcherons longtemps espérant voir ce pour quoi de nombreux badauds s’arrête à ce point de vue : les condors. Et selon le Fameux « Guide du Routard » le moment opportun pour les apercevoir, se situe au petit matin de 6 heures à 10 heures. Nous vivrons donc les minutes puis les heures qui s’écoulent comme un espoir s’évanouissant. En effet, quand sur nos montres, la grosse aiguille indique les 10 heures, nous sommes déçus, limite dégoutés. Ah ce qu’on peut être crédule, c’est fou ! Surtout, quand on a expérimenté les restaurants bon marchés conseillés par le guide du routard qui se sont révélés être tous plus nuls les uns que les autres ! Oui, il ne faut pas les croire…on le savait pourtant ! De telle sorte que sur le chemin du retour, nous aurons la bonne surprise d’apercevoir des condors…pas seulement un mais plusieurs…il est alors midi ! Lol… ! On se demande si ceux qui ont fait ce guide, ont vraiment mis les pieds au Pérou…ou si ils sont juste allé sur Wikipédia à la recherche d’informations…! Ah, sacré guide !
Bref, les condors, partiront donc à la chasse plus tard que prévu. Majestueux, impériaux, ils survoleront nos têtes avec une classe digne de leur rang d’animaux sacrés. De grandes lignes, de grands virages pour de grandes ailes…sérieux, c’est tellement énorme qu’on se demande comment ils peuvent arriver à s’envoler, même avec de telles ailes. C’est assez impressionant !
Ils se sont fait attendre tels des stars du show bizz et semblent ne pas bouder leur plaisir à se faire photographier à tout va. Je ne dirais pas qu’ils se la pètent mais presque !
Nous admirerons donc leurs rondes durant près d’une heure jusqu’à ce qu’on se questionne sur la manière dont on va bien pouvoir rentrer. En effet, route assez paumée, peu nombreux sont les véhicules ou bus à passer par là. Le stress commence à s’emparer de nous. En fait, nous avions prévu d’aller à Cabanacondé, petit village dont on nous a dit que du bien. En effet, se situant dans le prolongement du Canon, il bénéficie d’un point de vue, tout autant incroyable sur cette antre. Alors qu’on commençait à penser à l’idée de nous y rendre à pied, sous un soleil de plomb et sans eau avec à la clé trois heures de marche, nous avons été entendu des Dieux du Canon. Un bus repechera ces deux jeunes français super bien organisés ( il faut l’avouer ! ) et nous conduira à ce petit hameau, où nous passerons une fin de journée incroyable.
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