jeudi 6 mars 2008

Cabanacondé... inoubliable.

Cabanacondé restera un des plus beaux souvenirs de ce voyage. En effet, nouvelle halte touristique dans le prolongement de la Cruz del Condor, Cabanacondé commence à peine à jouir des retombées économiques du tourisme. Nous serons donc quelques étrangers à nous y arrêter mais une poignée seulement…faut dire que ce village à des allures de bout du monde.
C’est surtout l’environnement qui donne ce sentiment ; s’étalant au bord du Canon, le village paraît surréaliste, hors du temps, comme resté coincé à une époque lointaine, au temps des récits Bibliques, et séparé du reste du monde. En effet, Cabanacondé semble vivre un autre temps sur une autre terre. C’est comme si nous étions entrés dans une dimension parallèle où tout ce qui a de l’importance dans nos sociétés modernes, n’existait plus. L’environnement, les habitants, le village respirent la pureté d’un monde non altéré par la modernité, par l’évolution, par le progrès. Je suis tombée amoureuse de ce lieu. J’ai été séduite par la simplicité du mode de vie, par la tranquillité du village, par la beauté de l’environnement.

Nous nous balladerons sur un sentier longeant le Canon. Cette lumière de fin de journée jettera une douceur sur le gouffre qui nous le rendra familier. En effet, à la Cruz del Condor, le Canon m’avait paru déconcertant, déroutant au point de le craindre, et de m’en méfier. Mais à Cabanacondé, je comprendrais le lieu, je l’interpréterais et ainsi pour moi, tout prendra sens.
Ainsi, en marchant à ses côtés, j’ai l’impression que ce Canon est là pour nous protéger. Pour me protéger moi en ce moment, mais les habitants du village pour toujours. En effet, comme si la roche s’était brisée, comme si la terre s’était effondrée pour que jamais personne ne vienne troubler la vie de ces gens. Oui, comme si la nature avait agit pour se protéger des hommes, et pour protéger cette poignée d’hommes des autres hommes. Ainsi, je ressentirais une harmonie entre ces gens, leur mode de vie et la nature qui me fera beaucoup réfléchir à nous, à nos modes de vie et à notre rapport avec la nature. Je vous avoue que cet endroit est tellement beau, tellement lourd de sens que j’en ai été remué. Là bas, nous avons l’impression d’être dans le vrai, d’être au bon endroit, au bon moment, et bizarrement d’être des gens biens aussi. C’est très fort comme lieu et très spirituel aussi, c’est ce que j’ai trouvé.
Voilà, un lieu séparé du monde grace au travail de la nature et qui continue ainsi à vivre en décalage total avec notre ère ; et ce lieu respirera le même air pour toujours afin que nous apprenions de lui.

Nous croiserons des éleveurs, des agriculteurs vivant de la nature et semblant aussi vivre pour elle. Leurs visages sont paisibles, sains et innocents. Puisant leur énergie dans cet environnement, ils te la transmettent dans un sourire, dans un regard ou dans une attitude.
Je ne dis pas qu’ils ne travaillent pas comme des malades et ce jusqu’à leur mort, je ne veux pas faire de jugement de valeur entre la modernité qui caractérise nos sociétés, et la tradition qui régit leurs modes de vie, mais je pense juste que nous pouvons apprendre beaucoup d’eux.
Je ne sais pas si ce qu’on appelle progrès en constitue vraiment un en soi, sur le plan de l’épanouissement personnel. Biensûr que sur le plan de la médecine, des droits sociaux, le progrès nous aide à porter nos vies d’une façon plus légère. Mais à côté de ça, n’est-ce pas la société moderne comme groupe humain géré dans un ensemble de règles avilissantes, qui s’est elle-même fourvoyée ? En effet, à Cabanacondé, je n’ai ressenti ni vil, ni trace de haine ou de violence qui m’a fait penser ou dire qu’elle necessitait le progrès. Je ne veux pas paraître réac ou quelque chose dans ce sens, mais juste vous faire partager mon ressenti et mon questionnement sur la manière de mener sa vie dans la plus grande sérénité qui soit.
Je ne sais pas vraiment ce qu’est la vie de ces gens, et je ne le saurais sûrement jamais mais quand les relations humaines s’articulent autour du respect, sans une once de jalousie et sans un brin de domination, il me semble que ça donne un monde qui tourne bien.

Nous verrons donc avec un Ben, un merveilleux spectacle, auquel participera le soleil, comme toujours au Pérou. Toujours présent Monsieur le Soleil et pour le meilleur !
En effet, le soleil projettera ses rayons sur les terrasses, les prés, le Canon avec une douceur et une clarté qui indiqueront son profond respect pour ce lieu. Tout est harmonieux, les éléments de la nature se marie dans un ensemble parfait, ils se respectent ; d’habitude, le soleil me paraît agressif, dominateur, brûlant et dérangeant. Mais là, il sera discretement lumineux et se retirera en toute modestie, sans show et sans paillettes mais dans une mise en valeur de ce qui l’entoure. Oui, le soleil en se couchant, jettera des couleurs magiques, chaudes et envoutantes sur le Canon lui offrant ainsi son moment de gloire. Oui, c’est ça, tout est harmonieux ; le soleil n’a pas voulu attiré l’attention sur lui, il a donné sa lumière à cette roche, protectrice et impériale. Un très beau moment, encore une fois… qui m’a profondément marqué.

Donc, voilà, Cabanacondé, c’est vraiment un petit village, qui nous a enchantés par son innocence, par sa quiétude et par son retrait du monde moderne. En effet, son allure modeste mélangeant délicieusement tradition et pureté me touchera au point de devenir un des mes meilleurs souvenirs. Et puis, notre diner au restaurant sera aussi parfait que notre promenade. Nous arriverons près du lieu, le ventre criant famine nous demandant si il était ouvert ou non. (FAMINE ! Ah c’est encore Gad Elmaleh, j’ai réellement un problème avec lui… !)
Nous entrons et non, c’est bien ouvert ; l’obscurité étant du au fait, qu’ici on mange à la bougie. Romantique, causie, reposant bref parfait pour finir la journée Une délicieuse soupe, de bons produits…bref, une soirée magique. Cabanacondé, c’est l’authenticité, la vérité, le charme.

Je pense y retourner, si j’en ai l’opportunité… mais tout ce que j’espère c’est que le développement touristique de la ville ne détruise jamais son identité et n’altère jamais sa philosophie de vie…ce que je souhaite, c’est que la promotion de cette nouvelle halte, contribue à diffuser une autre manière de vivre sa vie…Oui, que nous nous apprenions d’eux, que nous nous approchions de leurs modes de vie…mais surtout pas le contraire.
C’est ce qu’on peut espérer à Cabanacondé, à ses habitants, et aussi, je le crois sincèrement, à nous-mêmes.

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