mardi 25 mars 2008

Le MACCHU PICCHU et WAYNA PICCHU, une histoire de famille…


« La montagne vieille » et « la montagne jeune » en Quechua.

Ah, le Macchu Picchu, le deuxième. Oui, deuxième acte, en rien ressemblant au premier. En novembre, nous avions découvert le Macchu Picchu, dans une ambience mystique, que les nuages bas, dans leur danse romantique, donnaient au lieu. Mais, cette fois-ci, un grand ciel bleu accompagnera notre journée. Nous avons choisi de prendre le bus pour grimper non par flemmardise ( lol ! ) mais parce que nos projets nécessitaient que nous gardions notre énergie. Oui, pour ne pas faire un Macchu Picchu bis, nous avons choisi de nous rendre au Wayna Picchu, montagne se trouvant dans le site même et offrant une vue imprenable sur l’ancienne citadelle Inca.

Il est alors 7 heures… nous posons le pied dans le site…Apparaît devant nos yeux, un Macchu Picchu, totalement différent de celui que j’avais rencontré en septembre. La lumière claire et douce du petit matin, donnera au lieu, une gaieté innocente. Il est tôt, nous avons la chance de voir le Macchu picchu, tel qu’il a pu l’être autrefois : insoupçonné, inviolé, impassible. C’est vraiment ce sentiment de découvrir, un trésor, une merveille cachée dans les montagnes… on ne fait pas la queue, chaque lieu est tranquille, privé de cette agitation voire frénésie qui peut gacher la mysticité et sérénité de l’ensemble.

Nous profiterons donc de cette tranquillité et nous nous prélasserons dans l’émerveillement d’une rencontre avec la beauté. Oui, la beauté… rencontrer le beau dans ce monde n’est pas chose facile, je crois. Mais le Macchu Picchu est un de ces lieux, qui vous font vous oublier, dans un exquis bonheur, à la vue du beau. C’est fort ce qu’on ressent là-bas…et bien que ce fut la deuxième fois que je visitais le site, l’émotion et une formidable sensation de bien-être
me saisissait de nouveau…naivement… et complètement.

Nous nous rendrons ensuite, au point de départ pour le Waynna Picchu ; il faut savoir que l’ascension de la montagne, est limitée à 400 personnes/jour ; ainsi, arrivant si tôt, nous ne risquions pas d’être les 401ème et 402ème personnes, à qui auraient été refusé, l’escalade de la montagne jeune. Nous commencerons notre ascension, dans une certaine inquiétude à voir se dessiner dans la montagne, des sentiers peu sûrs et raides. Et notre inquiétude se révélera assez justifiée. En fait, l’ascension est vraiment raide, les pierres glissantes, les cordes anarchiquement placés, les tunnels ironiquement étroits, les marches minuscules…et le vide profondément présent… Oui, c’est pas fait pour les cardiaques, âmes sensibles ou autres.

Mais, les frayeurs et le vertige sont vite oubliés quand on arrive au sommet… on voit d’en haut, ce qui était supposé être le sommet du monde. En effet, le Macchu Picchu, nous apparaît, petit, posé au cœur des montagnes, paisible. Nous avons l’impression là, d’être au plus haut du monde ; au dessus de nos têtes, le ciel bleu, autour de nous le ciel bleu, et en dessous, le Macchu Picchu, que l’on observe inlassablement dans une fierté enfantine de l’avoir dépassé. En effet, nous sommes plus haut que le Macchu Picchu et la fierté qu’il nous impose d’en bas, nous est récupérés là haut, nous qui sommes arrivés au sommet du sommet, dans les nuages … on a l’impression de pouvoir toucher les cieux, on est comme invincible, fort, puissant, vivant.
Bref, le Waynna Picchu, est vraiment à faire, car si en bas, on se sent tout petit, face à la splendeur du mariage entre un environnement divin et des ruines somptueuses… en haut, c’est le contraire, on se sent tout puissant, maître de nous, maître du monde. Et ce contraste est assez interessant. Alors, qu’est-ce que le mieux pour l’âme ? Se sentir tout petit, abandonné à une force supérieure, remis à un trop plein de beauté comme au Macchu Picchu ? Ou se sentir tout puissant, possesseur d’un environnement dominé, et fier de soi même, comme au Waynna Picchu ?
Ah, question philosophique…je vous laisse méditer là-dessus.

Nous descendrons le Waynna Picchu, et nous arriverons en bas vers les midis. Nous prendrons le temps de parcourir le site dans sa totalité ; ce que nous n’avions pu faire le matin même. Mais, je dirais, que la magie avait quelque peu disparu, c’est la cohue, les gens se suivent dans un parcours déterminé par des flèches de couleur blanche. Nous essaierons d’échapper à la frénésie générale…et nous y arriverons nous balladant dans les hauteurs du site à la recherche d’un pont…indiqué par un écriteau. Nous atteindrons notre pont Inca, pour finalement nous rendre compte de la banalité de celui-ci. Mais, cela nous aura permis de nous extraire de l’agitation qui régnait dans le site même.

Nous penserons à vous, écrivant dans la terre du Macchu Picchu, des messages de bonne année…plusieurs seront necessaires d’ailleurs… c’est que c’est pas facile d’écrire BONNE ANNEE 2008, devant les regards interloqués des touristes et sur une terre ma foi, pas toujours coopératrice. Nous sortirons du site vers les 4 heures de l’après midi, et nous descendrons à pied… heureux de notre journée, mais je dois l’avouer, épuisés par les efforts physiques et mentaux que nous aura exigé l’ascension du Wayna Picchu.





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